8- La Bouche du Tigre

La Bouche du Tigre. Améliorer la qualité de l’exercice.
Bonjour aux élèves, bonjour aux invitées,
Je vais m’adresser à vous comme je m’adresse à mes élèves, d’ailleurs ces textes sont écrits surtout pour eux. Plusieurs de ces élèves sont des partenaires d’entrainement depuis plus de quinze ou vingt ans. Tous ces textes abordent des sujets qui sont discutés dans le cadre des cours. La plupart des élèves sont déjà familiers avec les contenus. Alors les textes sont des aide-mémoires auxquels les élèves peuvent se référer à tête reposée en dehors des cours. Il faut dire que nos cours ne sont pas toujours de tout repos. Il n’est pas nécessaire de tout comprendre. Ce sont tous de petits morceaux d’un casse-tête qui à la longue finiront par former une image. La pratique est la table qui va servir de support à toute l’aventure. Le but de ces articles est de stimuler la réflexion, d’enrichir notre pratique, d’explorer notre essence, de se faire du bien, de se bien connaitre, de se bien comprendre. Je prends l’entière responsabilité pour toutes les erreurs de traduction, de compréhension, d’interprétation ou de référencement que l’on pourrait retrouver dans les textes. Je vous prie aussi d’excuser mes trop nombreuses fautes de français. La plupart des entrées sont des sujets de réflexion et non de discussions. L’essentiel demeure la pratique. La compréhension vient avec le temps et la pratique.

 

Si nous considérons notre temps de pratique comme un investissement au sens de « investir de son temps » que ce soit pour le loisir, pour notre santé, pour la croissance personnelle ou pour développer nos capacités d’autodéfense, nous pouvons améliorer énormément le « retour sur l’investissement » en portant une attention particulière à certaines choses. En premier lieu, pour le style Yang, appliquer rigoureusement les dix principes est primordial. Ensuite, l’attention que l’on porte aux mains va être déterminante pour notre progrès.

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La Bouche du Tigre.

Dans la méthode que nous utilisons, la forme de la main s’avère d’une importance capitale. Dans la littérature on retrouve souvent l’idée que la main est la partie la plus intelligente du corps. La plupart des styles de Tai Chi utilisent la forme de la main (paume) appelée « Bouche du Tigre ». L’effet recherché est une présence dans les mains.

Dans les mains il y a trois méridiens yin et trois méridiens yang. La main en « Bouche du Tigre » permet de balancer les trois méridiens yin et les trois méridiens yang. Un peu à l’image d’un aiguillage de chemin de fer, la rotation de l’avant-bras, du poignet et de la main permet de  gérer les changements du yin au yang et du yang au yin. Souvent, c’est à partir de l’attention portée à la rotation de la main et du poignet (parfois appelé « la porte de l’esprit ») que l’on peut prendre contact avec la dimension interne de l’art, que l’on peut commencer à apprendre à bien distinguer les sensations de plein et de vide dans le corps, que l’on peut relier l’extrémité au centre. Au début, c’est la main qui permet de découvrir et de gérer le lien entre l’externe et l’interne. Après un certain temps, c’est l’interne qui gère la main et tout le corps.

Au commencement de notre apprentissage, on est mieux d’avoir un peu trop de présence que pas tout à fait assez. Chercher la sensation que la main est pleine, comme si elle était un peu enflée ou comme un gant de caoutchouc qui serait gonflé. Il est important que le pouce conserve la même position, le même alignement avec l’avant-bras que lors ce que la main tombe naturellement le long du corps. On est mieux que le pouce soit un peu trop à l’intérieur que un peu trop à l’extérieur.

Pour ce qui est des doigts ; on dit souvent que « les doigts sont droits, mais ils ne sont pas droits ; les doigts sont courbés, mais ils ne sont pas courbés ».  Dans la pratique, sans la regarder, on ouvre la main, on ouvre les doigts. Chercher la sensation d’une ligne droite dans les doigts. Vus de l’extérieure, ils sembleront très légèrement courbés. À l’intérieur, on aura la sensation d’une ligne parfaitement droite. Une belle « Bouche du Tigre » permet beaucoup de mobilité au niveau du coude, de l’épaule et de l’omoplate.

Pour faire l’expérience de la sensation juste, je fais faire à mes élèves certains exercices. On fait la première partie de la forme Yang avec la main très ouverte, le pouce très à l’extérieure. Ensuite on reprend avec le pouce complètement replié sur la paume. Cette forme de paume est souvent appelée « Langue de Buffle ». Ensuite on reprend avec la « bouche du tigre » correct. C’est assez étonnant les différences que l’on peut percevoir au niveau des sensations dans le corps d’une forme de paume à l’autre. Si nous pratiquons pour notre santé, l’attention peut être portée sur l’extrémité du majeur. On dit souvent que notre jeunesse est au bout du majeur. On peut aussi porter l’attention sur la racine du pouce.

Ainsi, connaitre le yin et le yang commence souvent avec l’exécution consciente des rotations du poignet et de la main. La forme de la main doit être stable. Aux élèves je suggère l’idée de la main de porcelaine. L’idée de tourner la main à partir du coude et de l’épaule comme si la main et le poignet étaient faits de porcelaine a l’image les porte-bijoux de porcelaine en forme de mains que l’on retrouve souvent sur les tables de chevet.

Si on tient le bras droit devant nous à hauteur d’épaule, la paume face au ciel est yin, la paume face au sol est yang. Si on se rend à la limite du mouvement de rotation d’un côté comme de l’autre, on « connecte » avec l’interne, avec le cœur, avec la taille. Dans le contexte Tai Chi, la taille fait souvent référence à l’espace entre la deuxième et la troisième vertèbre lombaire.

La paume yin portée sa la limite (souvent on dit « le petit doigt vers le ciel ») se connecte avec le devant du torse. Le coude devient lourd et tombe, la main revient vers le corps, la tranche de la main et le petit doigt viennent s’appuyer contre le sternum. Ici l’idée de recueillir ou d’emmagasiner le chi. Le devant est yin. On dit qu’il est léger, qu’il est in substantiel. Faire attention de ne pas ramener la main directement. Elle revient parce que le coude tombe vers le bas. Ne pas laisser monter le coude ni l’épaule. À partir du sternum, si on tourne la paume complètement vers l’extérieur la main devient yang, le poignet s’assoit, le coude tombe et s’avance un peu, le bras connecte avec le dos via l’omoplate et se déploie, il s’allonge. On cherche à l’intérieur du bras une ligne droite quoique le bras soit légèrement fléchi. Au début on est mieux le bras un peu trop allongé que un peu trop court. Ici l’idée d’émettre le chi. Le dos est yang. On dit qu’il est lourd, qu’il est sustantiel.

Si on allonge les deux bras devant soi, parallèle au sol, les mains en « Bouche du Tigre », on peut ressentir assez bien le lien qui existe entre les mains. Ce lien passe par la colonne vertébrale. La sensation de connexion se retrouve dans la région entre la quatrième et la sixième vertèbre thoracique. Les bras sont droits, mais pas barrés, les mains sont pleines (Bouche du Tigre), les poignets sont assis, les coudes sont lourds, les articulations des épaules sont ouvertes, les omoplates reposent contre la cage thoracique, le lien avec la colonne vertébrale est clair, le chi est plein. Les bras restent droits. On peut les bouger à partir de la taille et de la colonne vertébrale. Dans les cours on parle de « brasser la cage ». Idéalement lorsque l’on fait la forme, les bras, les mains sont toujours connectées. Avec le temps, avec la pratique, la source de tous les mouvements réside dans la taille.

Attention. Lorsque le bras est en extension et parallèle au sol, la ligne du pouce doit demeurer dans son alignement naturel avec l’avant-bras ou légèrement vers le haut. Il ne doit pas pointer vers le bas. À l’intérieur du corps la sensation de quelque chose qui monte, quelque chose qui descend. Si le pouce tombe, s’il quitte son alignement naturel avec l’avant-bras, on perd tout, tout tombe. Dans la tradition, l’idée que l’on perd son chi, que le chi s’écoule. S’il garde son alignement, l’idée que le chi est contenu.

Le poignet assis. La sensation d’une très légère tension dans le poignet au niveau de l’extrémité de l‘humérus. Le coude est lourd. Le pouce conserve son alignement naturel avec l’avant-bras. Les doigts sont en extension. On est mieux avec le pouce un peu trop à l’intérieur que un peu trop à l’extérieur. L’idée que le chi est contenu.

La paume debout. Le poignet est assis, le coude est lourd, le coude est fléchi de manière a ce que la paume et le majeur soit perpendiculaire au sol. On dit souvent que le majeur point le ciel.

Arrivé à un certain stade de développement, on peut faire ce que l’on veut, mais au début et pour plusieurs années, si on ne porte pas une grande attention à la main, il sera difficile de progresser, d’améliorer la qualité de notre exercice.

 

Les méridiens de la main.

À l’intérieur :
– le petit doigt, méridien du cœur.
– le majeur, le maitre cœur.
– le pouce, le poumon.

À l’extérieur
– le petit doigt, intestin grêle.
– l’auriculaire, triple réchauffeur.
– l’index, gros intestin.

Pour en savoir plus sur les méridiens :  http://taoetspiritualite.fr/les-meridiens

À suivre…

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