1- Petite biographie

Je pratique le Tai Chi Ch’uan depuis 30 ans. C’est un voyage extraordinaire. J’ai aussi le privilège, depuis vingt-sept ans, d’enseigner cet art mystérieux. Une aventure exceptionnelle.
Je suis venu au Tai Chi au début de la trentaine, sur le conseil d’un ami de ma sœur pour soigner des douleurs chroniques au bas dos. Je souffrais d’une déviation de la colonne vertébrale. Une situation qui ne cessait de s’aggraver. Les spécialistes me suggéraient depuis assez longtemps une chirurgie. Des tiges de métal, des greffes et des risques que les choses empirent. Je gardais toujours espoir de trouver autre chose.

Comme la plupart des gens d’il y a trente ans, j’avais une idée assez vague de ce que pouvait être le Tai Chi. Je retenais du pamphlet de l’école où je me suis inscrit que c’est une espèce d’art martial pratiqué au ralenti où on ne s’entraînait pas au combat. C’était un peu paradoxal, mais pas vraiment surprenant vu que cela venait de la Chine et que c’était d’inspiration Taoïste. On disait aussi que c’était bon pour la santé et particulièrement efficace pour traiter les problèmes de dos. C’est ainsi que je me suis inscrit à un cours et que j’ai commencé l’apprentissage d’un des enchaînements traditionnels de 108 postures.

Je n’étais pas un élève particulièrement doué, loin de là, mais au bout de quelques semaines, déjà, j’avais de bons résultats au niveau des douleurs. C’est pour cette seule raison que j’ai persévéré malgré toutes les difficultés, les revers et les obstacles dont le découragement et les blessures à l’orgueil n’étaient pas les moindres. Apprendre le Tai Chi; je vous le dis et je le confirme; ce n’est pas de tout repos, surtout pas les premières semaines.
Pourtant; quand je ne faisais que regarder, tout cela avait l’air si facile, tout cela avait l’air de rien.

Cela m’a pris deux ans pour arriver à faire l’enchainement des 108 postures sans trop dévier, sans trop en oublier. C’est à partir de là que j’ai commencé à apprécier un peu plus l’idée d’un entraînement, l’idée d’un cheminement, l’idée d’une méthode, l’idée de plusieurs étapes. J’avais réussi la première étape. J’avais tant bien que mal, appris la forme. Ensuite, on dit qu’il faut pratiquer la forme jusqu’à ce que cela devienne totalement naturel. Puis à la dernière étape, on dit qu’il faut oublier la forme. Trente ans plus tard, je « médite » encore cette idée « d’oublier la forme ». « Totalement naturel » cela aussi ce n’est jamais aussi clair qu’on aimerait. Alors, on se tourne vers l’univers de la culture chinoise, de son histoire, de l’histoire de ses arts martiaux, des grands maîtres des temps anciens, des mythes et des légendes. Le Taoïsme, le Bouddhisme, le Confucianisme sont partout présents. Les immortels sont intrigants.
Après trois ans, quand j’ai commencé dans l’enseignement en tant qu’assistant, j’ai aussi commencé à m’intéresser à l’anatomie puis de fil en aiguille à la biologie et à la fin, à toute l’histoire de ces deux cellules dont le destin était de devenir celui-là même qui presse sur les touches qui font apparaitre ce texte, ou qui s’applique, à l’autre bout du fil, à essayer de le comprendre. Tout cela à enrichi ma vie au-delà de tout ce que j’aurais pu imaginer.

Arrivé à l’âge de 50 ans, je me suis rendu compte que je ne pouvais plus concilier un travail à temps plein comme ébéniste spécialiste en horlogerie et le temps de pratique et d’étude qu’il me fallait pour arriver à juste un peu apercevoir ce à quoi les anciens maîtres font allusion. Alors, j’ai délaissé le travail et depuis maintenant 15 ans, la pratique, l’étude et l’enseignement de l’art du Tai Chi sont devenus ma principale occupation. La seule chose plus importante est de m’occuper au besoin des petits enfants de ma conjointe.

Aujourd’hui, j’arrive à un point où je ressens le besoin de partager avec ceux pour qui la pratique du Tai Chi occupe une grande place dans leur vie, mes sujets de réflexion préférée, les fruits de mes expériences, de mes recherches et toutes ces petites bribes et autres choses  que j’ai pu trouver ou que d’autres ont eu la générosité de partager avec moi. Je vais m’adresser à vous comme je m’adresse à mes élèves. D’ailleurs ces textes sont surtout pour eux. Ce sont tous des sujets qui sont abordé dans les cours. Les textes sont comme des aides mémoires auxquelles ils peuvent se référer.  Il n’est pas nécessaire de tout comprendre. Ce sont tous de petits morceaux d’un casse-tête qui à la longue finiront par former une image. Le but de ces articles est d’enrichir notre pratique, d’explorer notre essence tout en se faisant du bien. Prendre ça comme un buffet.  Je prends l’entière responsabilité pour toutes les erreurs de traduction, de compréhension, d’interprétation ou de référencement que l’on pourrait retrouver dans les textes. Je vous prie aussi d’excuser mes trop nombreuses fautes de français. La plupart des entrées sont des sujets de réflexion et non de discussions. L’essentielle demeure la pratique. La compréhension vient avec le temps et la pratique.

2 de trouvés dans “1- Petite biographie

  1. Super ton site Robert. J’ai bien hate de débuter ma 3 eme année avec mes profs que j’adore et mes amis praticiens. Le Tai Chi a changer ma vie et ma santé . Problème de sciatique. On se voient en septembre.

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